Pourquoi Pegasus continue-t-il de défrayer la chronique au Parlement européen ?

Par La rédaction de Magency3

Publié le juillet 4, 2026

Pourquoi Pegasus continue-t-il de défrayer la chronique au Parlement européen ?

Imaginez un instant que vous êtes chargé de mener une enquête sur une affaire de grande envergure, un scandale qui ébranle l’Union européenne. Vous travaillez d’arrache-pied pour découvrir la vérité, mais à votre insu, vous êtes vous-même une cible de l’objet de votre enquête. C’est exactement ce qu’a vécu Stelios Kouloglou, un eurodéputé qui s’est retrouvé espionné par Pegasus, le logiciel espion sur lequel il enquêtait. Cette histoire fascinante et inquiétante révèle les complexités et les dangers du monde numérique dans lequel nous vivons. Poursuivez votre lecture pour plonger dans les méandres de cette affaire captivante.

En 2022, le Parlement européen a mis en place la commission PEGA afin d’enquêter sur l’utilisation de Pegasus, un logiciel espion israélien, contre des personnalités publiques au sein de l’Union européenne. Le scandale a pris une tournure inattendue lorsque Stelios Kouloglou, membre de cette commission, a découvert qu’il avait été espionné par Pegasus. Alors que la Commission européenne tarde à agir, ce cas soulève des questions sur la sécurité et l’intégrité des enquêtes parlementaires.

Les 3 infos clés

  • Stelios Kouloglou, eurodéputé, a été espionné par Pegasus alors qu’il enquêtait sur ce même logiciel.
  • Deux infections ont eu lieu aux moments cruciaux des travaux de la commission PEGA, en octobre 2022 et mars 2023.
  • Les recommandations de la commission, adoptées en juin 2023, n’ont toujours pas été appliquées par l’Union européenne.

Le rôle de la commission PEGA

En réponse aux révélations du Pegasus Project en 2021, qui ont montré l’ampleur de l’espionnage numérique à l’échelle mondiale, le Parlement européen a créé la commission PEGA. Sa mission : enquêter sur l’utilisation de logiciels espions comme Pegasus contre des cibles au sein de l’Union européenne. La France, notamment, a été fortement impliquée, avec des numéros de personnalités publiques figurant parmi les cibles potentielles.

La commission a travaillé pendant quatorze mois pour rédiger des recommandations visant à encadrer l’utilisation de tels logiciels espions. Cependant, malgré un vote favorable au Parlement, ces recommandations n’ont pas été suivies d’effets concrets. Le manque d’action de la part des institutions européennes pose question sur leur engagement à protéger la vie privée des citoyens.

Stelios Kouloglou, une cible inattendue

Stelios Kouloglou, membre suppléant de la commission PEGA, a découvert qu’il avait été espionné par Pegasus à deux reprises, lors des moments clés de l’élaboration du rapport de la commission. Kouloglou, hospitalisé lors de la première infection, a vu ses données personnelles et professionnelles compromises. L’identité de celui qui a ordonné ces écoutes reste inconnue, mais cette affaire souligne la vulnérabilité des institutions face aux intrusions numériques.

Les révélations de Citizen Lab, un laboratoire de l’université de Toronto, ont jeté une lumière crue sur les dangers auxquels sont confrontés ceux qui enquêtent sur de telles technologies. Kouloglou envisage désormais des poursuites contre NSO Group, l’éditeur de Pegasus, malgré le silence persistant de l’entreprise.

Les recommandations non appliquées

Adoptées en juin 2023, les recommandations de la commission PEGA demandaient un encadrement strict des logiciels espions, la conduite d’enquêtes sur les abus, ainsi qu’un soutien aux victimes. Cependant, aucune de ces mesures n’a été mise en œuvre par la Commission européenne ou les capitales membres. Cette inaction soulève des questions sur la volonté politique de l’Union européenne à protéger ses citoyens contre les dérives numériques.

Malgré la gravité des accusations, aucune victime d’espionnage n’a encore obtenu réparation. La voie judiciaire, bien que lente, reste la seule option pour les victimes de Pegasus. Le cas de Kouloglou, loin d’être isolé, pourrait encourager d’autres parlementaires à dénoncer leur propre surveillance illégale.

Foire aux questions

Comment Pegasus infecte-t-il les appareils sans interaction de l’utilisateur ?

Pegasus utilise des vulnérabilités non corrigées dans les systèmes d’exploitation pour s’installer sur un appareil sans nécessiter d’action de l’utilisateur. Une fois installé, il peut accéder à une vaste quantité de données personnelles.

Quels sont les impacts potentiels de l’espionnage sur les décisions politiques ?

L’espionnage peut influencer les décisions politiques en compromettant la confidentialité des discussions et en exposant les stratagèmes internes. Cela peut également semer la méfiance parmi les décideurs et affaiblir la transparence des institutions.

Pourquoi la Commission européenne n’a-t-elle pas appliqué les recommandations ?

Plusieurs raisons peuvent expliquer cette inaction, notamment des pressions politiques, le manque de consensus entre les États membres ou une réticence à aborder des questions de souveraineté nationale liées à la surveillance.

Quels sont les recours possibles pour les victimes de Pegasus ?

Les victimes peuvent tenter d’obtenir justice par la voie judiciaire, bien que cela soit souvent long et complexe. Elles peuvent également solliciter l’aide d’organisations de défense des droits numériques pour plaider leur cause.

La cybersécurité en question : défis pour l’Union européenne

Alors que la technologie évolue, l’Union européenne doit relever de nouveaux défis en matière de cybersécurité. Le cas Pegasus met en lumière la nécessité d’un cadre réglementaire solide pour protéger les citoyens contre les atteintes à la vie privée. Toutefois, la mise en œuvre de telles politiques se heurte souvent à des divergences politiques entre les États membres.

La création d’une entité européenne dédiée à la détection et à la prévention des cyberattaques pourrait représenter une avancée significative. Une telle initiative nécessiterait une coopération étroite entre les nations, ainsi qu’un financement et une expertise adéquats pour être efficace.

Les implications de l’espionnage numérique sur la politique mondiale

Dans un monde de plus en plus interconnecté, l’espionnage numérique n’affecte pas seulement les individus, mais il peut également avoir des répercussions sur la géopolitique mondiale. Les affaires d’espionnage, telles que celles impliquant Pegasus, révèlent les vulnérabilités des gouvernements face aux technologies de surveillance avancées.

Des pays comme la Chine et la Russie ont déjà été impliqués dans des affaires d’espionnage numérique, ce qui soulève des inquiétudes quant à l’impact de ces pratiques sur la stabilité mondiale. Pour contrer cette menace, des accords internationaux sur la cybersécurité, incluant des mesures de contrôle et de coopération, pourraient constituer un pas vers une meilleure protection des États et de leurs citoyens.

magency3